Choisir entre la brique et le parpaing pour construire sa maison ne se résume plus à une simple question de prix ou d’isolation. Avec l’entrée en vigueur de la RE2020, la réglementation énergétique et environnementale impose désormais des critères liés aux émissions carbone, à la performance thermique, ainsi qu’à la durabilité des matériaux. Ces exigences transforment profondément cette décision, notamment en 2026. Nous verrons dans cet article comment la RE2020 influence ce choix à travers :
- Les plafonds carbone à respecter et leur impact sur les matériaux
- La réglementation commune qui cadre la mise en œuvre de la brique et du parpaing
- La nécessité d’évaluer précisément l’impact environnemental via les FDES
- Les contraintes d’étanchéité à l’air et de ventilation introduites par la RE2020
- L’influence des règles d’urbanisme locales sur le choix des finitions
Explorons ces éléments pour comprendre comment ils façonnent la construction durable en brique ou en parpaing en 2026.
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Les enjeux carbone de la RE2020 pour la construction en brique ou parpaing
Depuis l’application de la RE2020, le critère principal de choix entre brique et parpaing ne se limite plus à leur performance thermique intrinsèque. Il s’agit désormais de respecter un plafond d’émissions carbone, appelé Icconstruction, exprimé en kilogrammes équivalent CO₂ par mètre carré de surface de plancher.
Ce plafond est progressivement resserré selon une trajectoire réglementaire :
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- 2022-2024 : 640 kg eq CO₂/m²
- 2024-2027 : 530 kg eq CO₂/m²
- 2028-2030 : 475 kg eq CO₂/m²
- À partir de 2031 : 415 kg eq CO₂/m²
Pour un permis déposé en ce début 2026, le calcul carbone doit donc être inférieur ou égal à 530 kg équivalent CO₂ par mètre carré. Ce niveau incite les constructeurs à sélectionner des matériaux aux performances environnementales optimisées.
La réduction progressive du plafond carbone a pour effet de disqualifier des systèmes constructifs autrefois jugés satisfaisants. Par exemple, un parpaing standard produit loin du chantier avec une FDES générique risque de dépasser le seuil alors qu’une brique provenant d’une usine proche, disposant d’une FDES précise et à faible empreinte carbone, aura un avantage clair.
Évaluer l’impact carbone au-delà des familles de matériaux
La RE2020 oblige à considérer l’impact environnemental produit par produit, à partir des fiches de déclaration environnementale et sanitaire (FDES). Chaque fabricant doit fournir cette fiche pour chaque matériau, reflétant la réalité des émissions liées à la fabrication, au transport et à la mise en œuvre.
Il faut ainsi comparer :
- La provenance des matériaux (impact du transport)
- Les procédés de fabrication locaux ou industriels
- Les coefficients modulant l’Icconstruction en fonction des spécificités du projet comme les combles aménagés ou la voirie associée
Ignorer cette précision conduit souvent à surévaluer l’impact carbone d’un matériau par défaut, notamment quand aucune FDES spécifique n’est disponible.
La réglementation de mise en œuvre : un cadre commun pour brique et parpaing
Un point fondamental à connaître est que la brique et le parpaing relèvent du même référentiel technique, le NF DTU 20.1, applicable depuis juillet 2020 pour tous les ouvrages de maçonnerie de petits éléments. Ce document encadre les règles de conception et d’exécution, ainsi que les exigences de durabilité et de qualité.
Les implications sont claires :
- Aucune règle spécifique ne privilégie un matériau sur un autre auprès des entreprises qualifiées
- Le maître d’ouvrage a la liberté de choisir selon le projet, l’architecture et les conditions locales
- La qualité de la mise en œuvre, en particulier l’étanchéité à l’air, dépend du respect rigoureux du DTU et de la compétence des artisans
Cette union sous un même DTU permet une adaptation des solutions en fonction des performances attendues, sans contrainte normative différenciée liée au matériau.
L’impact sur l’étanchéité à l’air et la ventilation
La RE2020 impose désormais des tests obligatoires à la fin du chantier, notamment une mesure de la perméabilité à l’air de l’enveloppe. Pour les maisons individuelles, l’exigence est fixée à 0,6 m³/(h.m²) sous 4 Pa. Ce chiffre est une étape essentielle pour la performance énergétique et le confort thermique.
Or, ce n’est pas le choix entre brique ou parpaing qui garantit l’étanchéité, mais la qualité des jonctions entre les éléments, l’enduit intérieur et la prise en compte des traversées (gaines, liaisons mur-plancher).
La ventilation est également contrôlée par un organisme spécialisé afin d’assurer un air sain et conforme à la réglementation. En cas de défaut, les corrections sont impératives.
Les contraintes externes : influence du PLU sur le choix du matériau et des finitions
Un aspect souvent négligé est l’impact du plan local d’urbanisme (PLU) sur la construction. Celui-ci peut limiter les matériaux apparents, les teintes d’enduit, ou imposer des parements spécifiques.
Ces contraintes influencent indirectement le choix entre brique et parpaing :
- Un PLU exigeant une finition en pierre ou en brique apparente favorisera ce matériau
- Si des enduits spécifiques sont imposés, la structure interne (brique ou parpaing) peut être choisie pour optimiser la performance thermique et la durée de vie
- Le respect des règles d’implantation et d’esthétique empêche souvent de modifier facilement le projet en cours de chantier
Il s’avère donc essentiel, avant de valider le matériau, d’étudier précisément les prescriptions locales afin d’anticiper tout surcoût ou difficulté de conformité.
Comparatif détaillé : brique et parpaing face à la RE2020
| Critère | Brique | Parpaing |
|---|---|---|
| Performance thermique naturelle | Excellente, réduit l’épaisseur d’isolation intérieure | Plus faible, nécessite une isolation renforcée |
| Impact carbone moyen (selon FDES) | Variable, souvent plus bas si local et biosourcé | Variable, dépend du fournisseur et distance transport |
| Adaptation à la RE2020 | Plus facile à respecter le plafond Icconstruction | Exige plus d’attention pour ne pas dépasser les seuils |
| Durabilité | Très bonne, matériau stable dans le temps | Bonne, mais sensible aux agressions chimiques sans traitement |
| Étanchéité à l’air | Dépend surtout de la mise en œuvre et de l’enduit | Idem, même nécessité d’une mise en œuvre rigoureuse |
| Coût moyen construction (hors isolation) | Léger surcoût autour de 5-10 % par rapport au parpaing | Matériau moins cher, mais budget isolation plus élevé |
Ce tableau synthétise les forces et limites des deux matériaux selon les critères décisifs en 2026. L’évaluation fine, fondée sur des FDES précises, permet d’optimiser le choix dans une logique de construction durable et conformité RE2020.

